Shedryi vechir, Fête de Malanka

Le spectacle de Malanka (le 13 janvier, la veille de l’ancien nouvel an) dans la région Huzule des Carpates, composé uniquement des hommes et des garçons, est l’un de plus fabuleux (photos de Beniakh Taras).

Ukraine : graphic design, art and everything in between

Braty is an art duo of twin brothers Vasily and Ivan Kostenko who live and work in Kiev.

Braty

« Our artwork is the scope of graphic design, art and everything in between, with collage being the favorite technique. Special creative vision and sense of the zeitgeist allow us to make bright, modern and high quality work. Travelling with its variety of cultures and facets of modern life serves us as an endless source of inspiration and fresh ideas. We always work together and complement each other. This approach harmonizes our work and makes up a valuable component of our success …. »

Exhibitions

Notre invitée : Nadiya Rytchok, graphiste ukrainienne

Je m’appelle Nadiya Rytchok, j’ai 24 ans. Je suis graphiste. J’habite et je travaille à Kyïv.

“C’est l’Ukraine et les Ukrainiens qui sont mes sources d’inspiration. »

Je suis UKRAINIENNE et le destin de mon peuple, son histoire, ses traditions et sa culture me sont très chers. C’est une source d’inspiration importante comme l’air que je respire . Mes travaux, pour la plupart sont en noir et blanc. Ce n’est pas parce que je n’aime pas la couleur, pour moi le graphisme est plus laconique, plus directe pour exprimer l’essentiel.

Il y a pas longtemps, j’ai terminé ma série « La Paternité ». Elle exprime ma vision d’un homme, d’un vrai : d’un père, d’un conjoint, d’un guerrier-défenseur. Loin de moi les prétentions à l’authenticité historique, c’est tout simplement ma propre vision, mon savoir et mon imagination. C’est le premier volet de cet oeuvre et je travaille en ce moment sur sa seconde partie « La Maternité ». Je voudrais ainsi rendre hommage aux valeurs humaines essentielles.

J’ai beaucoup aimé mon travail de fin d’études qui consistait à illustrer le projet du livre de Mariya Matios «Ce n’est presque jamais le contraire ». (pas publié pour instant).

Майже ніколи не навпакиIl parle de la vie d’une famille houtzoule au début du XX siècle. Les illustrations sont réalisées avec la technique d’encre et de plume (ce sont mes outils préférés). J’ai mis beaucoup de temps pour dessiner mes personnages, il y avait beaucoup d’essais, de croquis, j’ai épuisé mon entourage en le demandant de poser pour moi, d’exprimer certaines émotions. Ensuite je les ai comparées avec mes propres ressentis. Je suis allée exprès dans les Carpates. J’ai étudié, observé, discuté, dessiné. j’ai ouvert pour moi un autre monde, différent par rapport à celui que j’avais imaginé. C’est une expérience précieuse.

J’ai réalisé également en sépia et en aquarelle deux séries de portraits féminins et masculins dans les habits traditionnels, chacune comporte une quinzaine de tableaux. J’ai découvert qu’inconsciemment je leur ai attribué des traits de ressemblance avec mes amis ou des membres de ma famille.

Je fais également de la céramique et des sculptures en bois. Curieuse, j’aime toujours essayer des nouvelles techniques, des nouveaux matériaux ou même un nouveau domaine d’activité.

le 15 janvier 2014, Nadiya Rytchok pour EvaComInParis

Connaître mieux les oeuvres de : Nadiya Rychok

Lire en ukrainien: Знайомтися : Надія Ричок, український художник-ілюстратор

Plus d’exemples du graphisme ukrainien

Taras Chevtchenko sur la scène de Lviv

Taras Chevtchenko est un poète, peintre et humaniste ukrainien. Considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne, il est une figure emblématique dans l’histoire de l’Ukraine. Taras Chevtchenko marque le réveil national du pays au XIXe siècle. Sa vie et son œuvre font de lui un véritable icône de la culture ukrainienne.

Chevtchenko Tarass

Cette année pour célébrer les 200 ans de l’anniversaire du grand poète, le théâtre national académique de Lviv met en scène son drame « Nasar Stodolia ».

Les événements se passent à la fin du XVIIsiècle. Ce n’est pas un hasard que cette période dans l’histoire de l’Ukraine a été appelée  « la ruine ». Car, comme le dit le proverbe : « Depuis Bogdan (Khmelnitskiy) jusqu’à Ivan (Mazepa) il n’y avait plus de Hetman en Ukraine » (від Богдана до Івана не було Гетьмана). L’histoire glorieuse des Cosaques reste dans le passé laissant la place à la société où règne l’opportunisme et l’envie de s’enrichir par n’importe quel moyen.

C’est une histoire d’amour lors du déclin des valeurs humains. Attiré par l’argent, le personnage principal du drame, Khoma Kytchatyi fait tout son possible pour arranger le mariage de sa fille Galyna avec un riche colonel. Il ne respecte pas le serment donné au jeune cosaque Nasar Stodolia, à qui il avait déjà promis sa fille auparavant…

200 ans plus tard ce drame réveille les questions éternelles : Le bien combattra-t-il le mal ? dans la société, à la maison, à l’intérieur de chacun ? Les serments, les vraies valeurs et les sentiments purs trouvent-ils leurs places ?

Mis en scène lors des fêtes de Noël, la pièce nous réjouit par les chants traditionnels.

de Lviv, Julia LEV

Une journée ukrainienne à Senlis

la Journée Anne de Kyiv, Reine de France, à SenlisBeaucoup d’émotions pour cette 8ème rencontre franco-ukrainienne à Senlis, à l’occasion de la commémoration d’Anne de Kiev, Reine de France qui réunit depuis des siècles nos deux nations.

Son Excellence Monseigneur Borys Gudziak, Evêque de l’Eparchie de Saint-Volodymyr le Grand de Paris, appellera cette journée « la journée de la Foi, de la Joie et de la Confiance ».

Les Ukrainiens de Paris, de Kiev, de Lviv mais aussi des pays européens voisins y sont venus avec une envie : celle de nous retrouver autour de notre patrimoine millénaire.

Julia LEV

Anne de Kyïv, Reine de France et son amour

Anne de Kyïv et Raoul de Crépy

Les histoires d’amour n’ont pas été toujours celles des Rois et des Reines. Cependant voici en une. Le mariage d’amour de Raoul de Crépy et Anne de Kyïv n’a rien à voir avec les unions politiques arrangées ou les conquêtes de territoires.

Après la mort de Henri Ier, Anne assure la régence et voyage pour faire connaître son fils, roi Philippe, qui n’a que huit ans, à ses vassaux et ses sujets. Elle le mène à travers le royaume. Elle cherche à faire aimer Philippe mais c’est elle qui attire amour et compassion.

Raoul le Grand, comte de Crépy et Valois, descendant de Charlemagne, est, comme l’écrit un historien français, « un des magnats les plus puissants, et un des plus indépendants de tous ceux de France ». Il «ne reconnaissait aucun pouvoir supérieur au sien, surtout si ce pouvoir contrariait ses desseins ; il ne craignait ni l’armée royale, ni les foudres de l’Eglise».

Et … il se meurt d’amour pour la Reine dès leur première rencontre.

Henri vivant, Anne ne jette pas les yeux sur le comte qui la poursuit partout. Mais après la mort du roi, Raoul perd sa patience. Lors d’une partie de chasse dans la forêt : « Il saisit la reine, l’enlève de son palefroi, la juche sur le sien. Les troncs galopent autour d’eux, s’écartent à leur passage. La terre meuble jaillit sous les fers. Les flèches du soleil lancent une grêle sur ce cheval chargé d’un couple d’amants ». Dans la première église, Raoul ordonne au prêtre de les marier. L’union est scellée par consentement mutuel.

Anne était alors âgée d’environ 35 ans quant elle a épousé le comte Raoul III de Valois, le plus puissant des Seigneurs de France qui n’a pas hésité à consommer le divorce avec son épouse pour se marier avec Anne, chose absolument inouïe à cette époque. Le Pape Alexandre II excommunie Raoul et annule son mariage avec Anne mais le fier féodal n’y prête aucune attention. Bravant les foudres de Rome, les deux amoureux voyagèrent ensemble dans le royaume, se cachant si peu, montrant une telle absence de remords, qu’on finit par admettre leur union. Ils connaissent le mariage heureux. Quelques années plus tard, le roi Philippe Ier se réconcilie avec eux, admettant même Raoul à la cour. Anne y revient à son tour avec le titre de reine mère quand le comte meurt, en 1071 ou 1074. On a eu pour elle le plus grand respect, et elle régnait sur le palais, bien qu’elle ne s’occupait point des affaires de l’État.

ANA REYNA

Anne a vécu au château de Senlis. Comme l’a écrit un chroniqueur français du Moyen Age, elle aimait Senlis, vieille ville royale, « non seulement pour l’air pur qu’on y respirait, mais surtout pour le plaisir de la chasse qu’elle appréciait particulièrement ». Sur le portail de l’église Saint-Vincent de Senlis se trouve une sculpture représentant Anne. Elle y est représentée avec de longues tresses épaisses, une couronne sur la tête. Dans la main droite, elle tient un sceptre, un des symbôles du pouvoir royal, dans la main gauche, une église en miniature. La ressemblance est frappante entre cette sculpture et la fresque représentant Yaroslav le Sage dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kyïv, où Yaroslav tient lui aussi une église dans les mains, en offrande à Dieu.

Anna YaroslavnaQuelques documents signés par Anna Yaroslavna ont été conservés. Sur l’un d’eux datant de 1069, il y a une signature d’Anne en caractères cyrilliques : « ANA REYNA » (Anna Regina, reine).

Les chroniques françaises n’évoquent pas le destin ultérieur d’Anna Yaroslavna. On ne connaît pas la date, ni l’année de sa mort. On ne connaît pas non plus l’endroit où se trouve sa tombe. L’inscription peu explicite qui est sous la sculpture d’Anne dans l’église de Senlis, nous dit qu’elle « est retournée dans le pays de ses ancêtres ». Peut-être, en effet, après de longues années à l’étranger, torturée par la nostalgie de sa patrie, est-elle retournée à Kyïv, sa terre natale, pour s’unir à celle-ci pour l’éternité ?

Saint Laure de Kyïv, Ukraine

Vertep, théâtre traditionnel ukrainien de marionnettes

viaВертеп, український традиційний ляльковий театр та коляда

КолядаLes spectacles de Vertep sont apparus en Ukraine dans la première moitié du XVII siècle et se sont développés sur l’ensemble du territoire. La première mention écrite du Vertep date de 1667. C’est un événement profondément original et nationale. Les diacres nomades (« pyvorisy »), les étudiants des écoles théologiques traversaient l’Ukraine du XVII-VVIII siècles et gagnaient leur vie en donnant des cours privés. Ils racontaient le contenu des écrits littéraires, organisaient des animations théâtrales ainsi que les spectacles de Vertep.

Le spectacle de Vertep est un mélange de drame chrétien de Noël et d’un jeu mondain qui utilise des éléments poétiques folkloriques.

Вертеп

Les spectacles de Vertep se montraient dans une boite portative spéciale, conçu comme une maisonnette à deux étages ou une scène à deux niveaux. Le spectacle commençait par des scènes bibliques sur la scène du haut et se poursuivait avec des histoires comiques de la vie réelle sur la scène basse. L’artiste faisait bouger les marionnettes à fils et changeait sa voix selon les personnages. Les spectacles se déplaçaient d’une foire à l’autre, de la place centrale des villes aux maisons des citadins et des villageois.

вертеп лялькиLes marionettes de la première partie du spectacle ont été réunis autour de l’histoire de Noël et racontaient les sujets de l’Evangile : la naissance du Christ, sa vénération par des bergers et des Rois Mages, l’ordre d’Hérode de tuer des enfants à Bethléem pour laquelle le personnage de la Mort lui coupera la tête avec une fourche et le personnage du Diable le trainera avec joie aux enfers. Le spectacle respectait les traditions nationales, les personnages ont été habillés en vêtements ukrainiens, avaient des instruments musicaux traditionnels et parlaient le langage populaire.

Український вертепDans la deuxième partie mondaine du spectacle, toutes les marionnettes portaient leurs caractères nationaux : le Vieillard avec la Vielle, le Moskal (soldat russe), la Belle, le Tzigane et la Tzigane, l’Hongrois et l’Hongroise, le noble Polonais, sa compagne et son serviteur, le Tavernier juif et sa femme, le Pope uniate, le Villageois Klim et sa chèvre, le Diakre et son apprenti, le Mendiant. Ses personnages reflétaient la diversité de la société ukrainienne de l’époque, ses coutumes et ses traditions, ses préoccupations, ses goûts et ses valeurs. Il y avait aussi le personnage du Cosaque Zaporogue, plus grand et plus costaud que les autres poupées. C’est un personnage héroïque, conscient de sa force sociale et physique, de sa dignité humaine, il combat tous les ennemis. Dans son monologue, il développe l’histoire du mouvement de la libération de la nation, de la lutte des Ukrainiens contre tous ses envahisseurs et oppresseurs. Ses citations figurent souvent sur les tableaux représentant le Cosaque Mamai.

Ces personnages se lançaient dans le jeu de satire, de dérision, chantaient, dansaient, chacun selon sa nationalité, son âge, son statut social et ses intérêts. Le spectacle était créatif et vif. La plupart des personnages parlaient ukrainien, sauf le Soldat qui parlait le russe et le Tzigane qui utilisait ses propres expressions.

Il existait également en Ukraine le « Vertep vivant », composé des vrais acteurs. Aujourd’hui les traditions reviennent plus fortes que jamais. Les Verteps défilent chaque année pendant les fêtes de Noël, entre le 7 et 19 janvier, dans les rues des villes ukrainiennes.

Vertep u Lvovi

Le spectacle de Malanka (le 13 janvier, la veille de l’ancien nouvel an) dans la région Huzule des Carpates, composé uniquement des hommes et des garçons, est l’un de plus fabuleux (photos de Beniakh Taras).

Julia LEV