Anne de Kyïv, Reine de France : mariage

Anne de Kyïv, Reine de France

Henri Ier, en apprenant qu’on parlait d’Anne, de sa grâce, de son esprit, de ses cheveux blonds et de sa bouche sensuelle jusqu’à Constantinople, eut l’œil pétillant. Il chargea Roger, évêque de Châlons-sur-Marne, de porter des bijoux à Yaroslav de la part du roi de France et de lui demander la main de sa fille. Favorable à une politique d’ouverture, le prince de Kiev, l’un des douze fils de Vladimir le Grand accepta la proposition, et Anne arriva à Reims au printemps 1051, apportant une dot considérable en belles pièces d’or frappées à Byzance. Si Henri l’attendait avec une grande émotion et un peu d’inquiétude, ses craintes s’évanouirent lorsqu’il vit la fille du grand-duc. Il en devint immédiatement fort épris.

Le roi de France avait beaucoup de raisons de demander la main de la princesse ukrainienne, de même que le Grand-Prince de Kyïv en avait aussi pour accepter ce mariage. Le roi de France avait besoin de s’assurer de l’aide dans sa lutte pour l’unification de la France. Il comptait aussi sur la dote importante que lui apporterait Anne. Une autre raison était l’interdiction de Rome des mariages entre parents jusqu’au septième degré ! A cette époque les familles royales et princières d’Europe étaient imbriquées à l’extrême par de nombreux liens familiaux. Yaroslav le Sage, de son côté, souhaitait avoir des alliés en Europe occidentale dans sa politique anti-byzantine de ce temps-là.

Le Sacre du Roi de France à Reims

Le 19 mai 1051, à la Pentecôte, Anne épousa donc le roi Henri Ier dans la cathédrale de Reims, là où étaient couronnés tous les monarques français. Elle reçut en même temps l’onction d’huile sainte qui la consacrait reine de France. Henri avait alors trente-neuf ans et Anne vingt-sept.

La vie conjugale ne lui apporta pas le bonheur. Henri, qui était beaucoup plus âgé qu’Anne, était un monarque de faible caractère et un mari débauché. Toute sa vie, elle songea à retourner à Kyïv, tant elle avait la nostalgie de sa patrie.

Anne donna naissance à trois fils. Le premier naquit en 1053 et devint plus tard roi de France sous le nom de Philippe ler. Le deuxième fils, Robert, mourut enfant. Le troisième, Hugues, surnommé le Grand, comte de Vermandois, fut l’un des héros de la première Croisade.

A l’âge de six ans, le 29 mai 1059, le fils aîné d’Anne, Philippe, fut sacré roi à Reims, du vivant de son père Henri Ier. Il fut le premier roi de France à prêter serment sur l’Evangéliaire de Reims. Le roi Henri Ier meurt le 4 août 1060, près d’Orléans. La formule juridique de continuité du pouvoir royal : « Le roi est mort ! Vive le roi ! » fut prononcée, et Philippe encore mineur devint le roi légal et sa mère devint régente.

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